Lorsque Cartier revient de Stadaconé, ses hommes sont à se fortifier. Les indigènes feignent d'être heureux de le revoir mais l'amitié n'y est plus; de nouvelles intrigues fabriquées par les interprètes provoqueront une rupture complète. Les relations ne sont pas les mêmes mais reprendront quelque peu en novembre.

Enfin arrive l'hiver. Cet hiver laurentien que les Européens éprouvaient pour la première fois fut très rigoureux. De la mi-novembre à la mi-avril, les navires étaient pris dans la glace. La neige atteignait quatre pieds et plus. Une chose était encore pire que l'hiver, c'était le scorbut. Il apparut en décembre chez les indigènes de Stadaconé. Des 110 hommes, il n'y en a que 10 en santé, 8 morts et le mal continuait. Cartier et ses hommes allèrent en procession pour prier. 25 personnes finirent par mourir. Cartier, ayant appris les secrets de la tisane d'annedda (cèdre blanc) de la part de Domagaya, arriva à guérir les hommes restants.


- Coucher de soleil sur le lac St-Pierre -

 


- Cartier à Hochelaga -

Cartier s'occupait à s'enrichir, au contact des indigènes. Il est le premier à nous enseigner sur la religion et les moeurs des Amérindiens de la vallée du Saint-Laurent. Le réseau fluvial commencait à se dessiner dans son esprit. Du fabuleux Saguenay, dont la légende était peut-être une survivance de la tradition norvégienne, Cartier note toutes les merveilles qu'il voit. Le printemps venu, il retourne en France. Faute d'un équipage assez nombreux, Cartier abandonne la Petite Hermine. On a cru en 1842 en avoir retrouvé les restes, dont une partie fut déposée au Quebec Litterary and Historical Society et l'autre, envoyée à Saint-Malo.

Avant de partir, Cartier veut consolider les positions françaises, déjà favorisées par l'unité ethnique, linguistique et politique de la vallée laurentienne. Cartier apprend qu'il a un rival; Agona, qui aspire lui aussi au pouvoir. Rusé, Cartier profite d'une cérémonie religieuse -l'érection d'une croix- pour capturer Donnacona, les interprètes et quelques autres indigènes.

 

Le 6 mai, il quitte Sainte-Croix avec ses deux vaisseaux et une dizaine d'Iroquois, dont quatre étaient des enfants. Dans sa cargaison; une dizaine de morceaux d'or et de fourrures. Passant cette fois entre l'île d'Anticosti et la Gaspésie, il contate l'insularité des Îles de la Madeleine. Le 16 juillet 1536, il retourne à Saint-Malo après 14 mois d'absence.

Ce deuxième voyage a rappporté beaucoup plus que le premier : Cartier découvre un fleuve, une voie pour pénétrer très loin dans le continent, il a connu les habitants, un chef et de l'or. Dès son retour, il fait un rapport à François 1er d'une rivière de 800 lieues qui peut conduire à l'Asie et fait témoigner Donnacona. Le roi, enthousiaste, lui donne la Grande Hermine.

 

- Carte du 2ème voyages -